Antonio Rosmini

Expérience et Témoignage 


Centre français de spiritualité rosminienne

Les thèmes de la spiritualité rosminienne


La charité

L'esprit de vérité

La liberté

Le principe de justice

Le principe d'indifférence

Le principe de passivité

L'esprit d'intelligence

L'esprit de charité

Le cœur…..

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La spiritualité rosminienne : conformité et originalité


La spiritualité rosminienne prend en compte ces multiples aspects de l'unité de l'être : l'homme doit s'accomplir selon la fin auquel Dieu l'a ordonné. Comment alors comprendre sa propre fin, et que percevoir de la volonté de Dieu à notre sujet, comme au sujet du monde? et comment ne pas se tromper? Conscient que l'erreur est le plus grand danger de l'esprit et que pour y remédier, toute spiritualité doit reposer sur un fondement solide et unique, Antonio Rosmini s'engage dans une ample réflexion qu'il publiera et republiera sans cesse, par souci de perfection. L'esprit de vérité l'obsède, et c'est bien là l'originalité de la spiritualité rosminienne, qui fait une place centrale à l'intelligence, seule capable de favoriser la rencontre entre la créature et son Créateur. D'où la variété des thèmes abordés dans son oeuvre, mais qu'il dispose sous la lumière des « célestes enseignements » révélés à l'homme, contre les interprétations illuministes de l'époque qu'il ne cessera de dénoncer. Car cette Révélation, loin d'être un facteur d'obscurantisme, est un éclairage permettant la vie de l'esprit, qui ne peut s'effectuer sans le travail de la raison sous la conduite de l'esprit, et qui s'exerce librement à la lumière d'une foi qui la précède dans ses intuitions, et qui permet cette recherche de la vérité existentielle et divine à laquelle tout homme est invité. Elle favorise l'approfondissement de la conscience de soi et des choses que l'esprit peut alors retrouver, comprendre et assumer. Cette collaboration de la foi et de la raison, en une jonction audacieuse, mais fragile, parce qu'humaine, est une voie difficile dont la spiritualité ne peut faire l'économie, sous peine d'abandonner l'être à sa fatalité. Cette démarche requiert une méthode, et, comme l'ont fait tous les spirituels, Rosmini  livre sa pédagogie fondée sur la charité, « en laquelle se noue la perfection » (Col, 3, 14) qui permet d'avancer dans cette direction. La charité est le mode opératoire de l'Amour sans lequel il n'y a pas de vérité possible. Et, pour que cet Amour soit le plus proche possible de la vérité évangélique, Rosmini fait sienne la formule paulinienne : « justice, sanctification, rédemption » (I Cor, 1, 30) qui sera la trame de son œuvre ascétique, et que l'on retrouve en une synthèse percutante dans les Maximes de la perfection chrétienne


Voir page 6 le texte intégral des Maximes de la perfection


Les grands thèmes

de la spiritualité rosminienne

Introduction


Saint Paul à la racine de la spiritualité rosminienne


Il n'est pas dans notre intention d'aborder ici une question aussi vaste et aussi complexe, mais il faut évoquer brièvement ce que l'on entend par spiritualité, et plus spécifiquement, par spiritualité catholique, et rappeler à partir de quand et de qui celle-ci a vu le jour et s'est développée sous cette appellation. Si l'usage du mot est tardif, la spiritualité s'est pourtant exprimée dès les premiers temps de l'humanité pour désigner, selon les modes évolutifs liés aux cultures et au temps, cette activité pensante de l'homme qui réfléchit sur le sens de son existence et sur sa destinée. Avec pour conséquence l'inquiétude douloureuse face à ce qu'il ne comprend ni du monde, ni, surtout, de lui-même. Ce désarroi le porte alors à s'interroger sur le rapport entre le visible et l'invisible, invisible à visages multiples dont émerge peu à peu un visage unique qui portera le nom de Dieu, un Dieu qu'il ne peut parvenir à voir de ses yeux d'homme, mais dont il distingue pourtant la trace dans le monde et, mystérieusement et parfois, avec force, dans lui-même. L'homme en vient à formuler l'hypothèse de l'existence d'un lien possible entre lui-même et ce Dieu caché et à témoigner, dès qu'il le peut, d'une expérience d'un type particulier, l'approche de cet Invisible. "L'humanité est éminemment religieuse", nous reprendrons l'expression de P. Shebesta , à propos du sens religieux de l'homme primitif, et, même s'il fait l'objet d'une controverse, le terme " religieux" exprime bien la notion de lien. Mais c'est l'Ancien Testament qui révèle la lente émergence, au sein de la conscience individuelle et collective, de la conviction que les deux tenants de ce lien, Dieu et l'homme, sont engagés dans une relation de personne à personne, relation difficile dont l'expression la plus achevée est peut-être celle de Job, au plus profond de sa détresse, implorant son Créateur dont il ne comprend pas les desseins. En réponse à l'interrogation de Job, la conscience humaine va s'éclairer pleinement avec la Révélation du Dieu incarné, Jésus Christ venu accomplir les promesses des prophètes bibliques ; et elle va faire comprendre que si l'homme cherchait désespérément Dieu, Celui-ci est venu en personne à sa rencontre, rencontre aux effets infinis et qui s'est établie dans l'histoire pour se prolonger dans les profondeurs de l'homme, de tous les hommes, sans distinction. De cette relation nouvelle, parce qu'informée par le Fils de Dieu lui-même, Paul de Tarse, qui, pourtant, n'a jamais vu le Christ de son vivant à la différence des apôtres, spectateurs directs de la Révélation messianique, Paul de Tarse donc se fait témoin et nous livre ainsi, en un récit intense dans lequel il n'hésite pas à dévoiler sa propre intimité, cette expérience d'un nouveau type, puisque, désormais, la relation à Dieu passe par son Fils : telles sont les lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Éphésiens… Ces textes à la fois inspirés et réalistes proposent au monde naissant de la chrétienté les prémices des grands thèmes de la spiritualité chrétienne, thèmes que l'on retrouvera depuis dans les écrits de tous ceux qui ont partagé la même aventure, avec les constantes et les variantes propres à chacun du commerce intime avec Dieu.

Ce commerce, que l'homme a distendu, fragilisant le lien existentiel avec Dieu, et cela, non seulement au cours de l'histoire collective mais, surtout, dans le cours de son existence propre, il appartient alors à celui qui en manifeste le désir de le restaurer dans cette nouvelle perspective. C'est un long et difficile travail dans les profondeurs de soi-même, qui nécessite un apprentissage selon des modalités dont Dieu seul est le maître mais dont les pédagogues en ce monde seront ces grands spirituels qui, à la suite de Paul, nous ont devancés ou nous accompagnent encore aujourd'hui sur une telle voie. Cette démarche en appelle à la plus haute activité de l'homme au moyen de son principe pensant, par son esprit, dont Dieu a pourvu chacun en son existence et qu'il s'agit de mettre en mouvement.

Et c'est donc à cette activité d'un genre particulier, c'est à sa nature, aux conditions de sa mise en œuvre et à ses conséquences, que les lettres pauliniennes initient alors l'homme et l'Église, exposant, en clair, ce qu'est cette même activité, et, ce qui est tout aussi important, ce qu'elle n'est pas.                                               Suite

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