A la fin de l'année 1814, alors qu'il quittait le collège de Trente, l'appel de la vocation religieuse se fit plus pressant : après avoir surmonté leur propre résistance, ses parents décidèrent de lui permettre de poursuivre ses études dans un petit lycée privé qu'ils fondèrent avec quelques familles, à Rovereto même, car il n'y avait pas d'autre possibilité dans la région. La direction en fut confié à Don Pietro Orsi, auprès duquel le jeune Rosmini trouva les bases profondes d'une connaissance philosophique dont le profit le marquera dans son œuvre ultérieure. Ce fut des années lumineuses et paisibles, où il développa un grand appétit intellectuel : ses premiers essais furent nombreux, y compris par la correspondance qu'il entretenait avec ses amis. Car, très tôt et jusqu'à la fin de ses jours, Antonio Rosmini entretint sans répit l'art de l'échange épistolier. Ses innombrables lettres sont restées archivées, et, au nombre de 9000 environ, furent  publiées en 13 volumes! Elles sont tour à tour des lettres affectueuses, des conseils pratiques, et parfois, des petits traités de philosophie, ou d'admirables pages de spiritualité. Antonio Rosmini n'oubliait personne et ne laissait aucune correspondance sans réponse, se donnant ainsi à chacun qui le sollicitait. Mais ce talent trouva la force de son développement dans sa vocation religieuse.

En 1816, il part pour l'université de Padoue pendant trois ans, ne négligeant pas pour autant la poursuite de son œuvre propre, des essais divers, dans des domaines variés, littéraires, philosophiques ou religieux, parmi lesquels une sorte de compendium à l'usage de ses amis, l'Ordine della Vita, et même une traduction du catéchisme de saint Augustin.

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Mais Dieu l'attendait patiemment, tout au long de ces années de tendresse familiale. Car le signe sacré mystérieusement apparu les premiers jours, ne s'était jamais effacé, et ce fil invisible avait tissé peu à peu l'étoffe d'une vocation qui allait, dès lors, se manifester.

En 1817, il reçoit l'autorisation de porter l'habit sacré, et en 1818, la tonsure, puis, ayant achevé sa thèse, il rentre chez lui, à Rovereto, préparer l'ordination sacerdotale, dans le silence et le recueillement. Ce qui ne l'empêche pas de se consacrer à la poursuite de ses études et à ce qui était plus fort que lui, l'écriture. Car la recherche de la vérité l'obsédait chaque jour davantage.

L'ordination sacerdotale d'Antonio Rosmini eut lieu le samedi saint 21 avril 1821, à Santa Maria della Croce, date et lieu porteur d'un singulier avertissement. Hélas, sans la présence de son père, décédé l'année précédente. Soucieux de s'engager dans la voie la plus conforme à ses talents tout en demeurant au service de l'Église à laquelle il venait de se vouer, le pape Pie VII l'invite à le rencontrer. Rosmini se voit vivement encouragé dans ce qu'il avait déjà entrepris, une œuvre intellectuelle dont avait grand besoin l'Église et le monde, y insistait le Pape :

Antonio Rosmini naquit le samedi 25 mars 1797 à Rovereto, petite ville du Trentin, province italienne alors sous occupation autrichienne. Il fut baptisé le jour-même dans l'église paroissiale de San Marco. C'était la fête de l'Annonciation, date qui jalonna les grands moments de son existence : l'enfant était paisible, presque souriant, comme si ses premières heures étaient déjà vouées à la méditation. L'enfant conserva ensuite ce calme singulier qui étonnait d'emblée tous ceux qui l'approchaient.

Il grandit dans la quiétude de la demeure familiale, le palais Rosmini : sa famille était de noble lignée, mais cultivait surtout la noblesse de cœur et la générosité envers tous. C'est ainsi que l'enfant apprit très tôt à s'ouvrir à la souffrance, en ces temps ravagés par les guerres.

Sa mère, Giovanna, et son père Pier Modesto, veillèrent à ce que l'éducation de leurs enfants, Antonio, Giuseppe et Margherita, soit la plus simple possible, presque austère, et tous les trois prirent le chemin de l'école, puis du collège du lieu.   

Mais Antonio commença à s'ennuyer dans une école où il ne pouvait librement donner cours à son amour de la sapienza (la langue italienne unit finement les deux sens inséparables de "connaissance" et "sagesse") : débuts difficiles vite surmontés, car l'enfant était humble mais, surtout, doté d'une intelligence vive et d'une intense soif d'apprendre. Il fut aidé par son oncle, qui vivait au palais, et qui possédait une bibliothèque abondamment fournie, grâce à laquelle l'enfant éveilla très tôt sa curiosité intellectuelle. Mais ces dons de l'esprit ne furent pas seulement de froides dispositions intellectuelles. Ils révélèrent aussi une grande sensibilité vers la connaissance des choses de Dieu, dont l'enfant ressentit très vite l'impérieuse nécessité. Giovanna avait elle-même enseigné ses enfants dans la foi, n'hésitant pas à leur faire elle-même la lecture des textes bibliques en dépit de leur âge.

Suite …(en préparation)

VIE D'ANTONIO ROSMINI

Naissance et enfance

« C'est  la volonté de Dieu que vous vous occupiez d'écrire des livres : telle est votre vocation. L'Église à présent a besoin d'auteurs, car pour influencer utilement sur les hommes, il ne reste plus aujourd'hui d'autre moyen que celui de les prendre par la raison ». Rosmini comprend alors que la confirmation attendue vient de lui être donnée: il ne s'y soustraira jamais, même dans les moments les plus difficiles.

Dans cet esprit,  il ose même refuser la proposition pontificale d'Auditeur à la Rote, préférant se consacrer totalement à l'immense tâche qui s'étendait devant lui.

En 1830, Rosmini revint à Rome voir Pie VII et lui offrir, entre autre, les Maximes de la perfection et  le Nouvel essai sur l'origine des idées : le pape lui conférait l'exeat, l'envoi solennel, et le soutien pour la poursuite de ses oeuvres « Cherchez à faire le bien par la voie de l'intelligence, par laquelle les  hommes, aujourd'hui plus que jamais, doivent être conduits ». Comprendre, et  faire comprendre avec l'esprit d'intelligence, telle fut alors l'obsession de Rosmini. Comme on est loin ici de cette Église si souvent accusée d'obscurantisme!

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© Centre français de spiritualité rosminienne

Antonio Rosmini

Expérience et Témoignage 


Centre français de spiritualité rosminienne

Extrait de La robe de pourpre, vie d'Antonio Rosmini,

Marie-Catherine Bergey, éd. Bière, Paris-Bordeaux, 2000.

Pour visiter la maison natale de Rosmini, consulter le site

http://www.casanatalerosmini.it/

25 mars

Le Centre français de spiritualité rosminienne célèbre chaque année, le 25 mars, l'anniversaire de la naissance et du baptême de Rosmini. Le même jour, en effet, Rosmini vint au monde et à la vie spirituelle en Dieu. Par le baptême, explique Rosmini dans son Catéchisme, nous recevons une grâce qui « nous incorpore à Jésus-Christ  et nous fait participer à son sacerdoce ». Cette naissance lors de la fête de l'Annonciation préfigure la pleine acceptation de ce sacrement.